Recherche de terrains à Siquijor : première « partie »

L’année passée, nous vous invitions à jouer à « super mario bross, à la conquête de l’ile de Negros, sur nos bolides tout terrain » …

… cette année, c’est autour d’un plateau de cluedo que nous vous invitons à vous installer afin d’imager la magnifique affaire qu’est la recherche de notre petit coin de paradis sur l’île de Siquijor …  

Cela fait à présent près d’un mois que nous nous adonnons à la recherche de terrains, que nous nous documentons sur les procédures légales d’achat, que nous découvrons les joies de la vérification des papiers, … toute cette effervescence nous catapulte dans des situations souvent caucasses et met sur notre route des personnages toujours attachants …

… chers joueurs : lancez les dés, la partie peut commencer ! 

Ariel est la principale personne qui nous propose nombre de terrains à acheter. Il est une sorte d’agent, un peu pasteur, un peu vendeur. Parmi ses produits : des potions magiques à avaler en cas d’accident de la route, sorte de breuvages qui ressuscitent nous dit-il, ainsi que pas mal de terrains que les propriétaires veulent monétiser. L’année dernière il nous parlait de l’église qu’il projetait de construire sur son terrain à lui en bord de mer. Cette année nous sommes surpris de découvrir que son église s’est transformée en guesthouse … « accueillir son prochain » est au fond un message divin … 

Entre les terrains titrés et les terrains en « tax dec », nous nous emmêlons un peu les pinceaux … Ariel nous propose alors de rencontrer son ami avocat pour nous éclairer sur la chose … nous n’avons rien à perdre, le conseil est gratuit, nous le suivons donc … confiants …  

Premier joueur : dans la porcherie – avec la bouteille de rhum

Tout n’avait pourtant pas mal commencé : l’étude du maitre M. se situe dans une charmante petite maisonnette en plein centre ville, à deux pas du marché public. 
Grille en fer forgé, écriteau rassurant « legal study par ici », petite allée asphaltée à l’ombre de quelques arbres accueillants. 

Sur les pas d’Ariel, notre «  agent immobilier », nous garons notre mobylette dans la courette de la charmante petite maison. 
Ce n’est cependant pas par la porte de la charmante demeure que notre agent nous invite à passer. Il nous ouvre en effet le passage sur un petit couloir adjacent à la maison : sombre, humide, et maculé en son sol de tâches et substances non identifiées qui semblent nous indiquer « lieu du crime suivez les traces » …

… au bout du couloir : une arrière cour.
Une première table bancale, sous un préau de bois rafistolé, sur laquelle trônent, droites et vides, quelques bouteilles de rhum philippin. Traces de soirée arrosée, peut être quelque contrat bouclé ou cas gagné à l’honneur du bureau d’avocats de la capitale ? Nous connaissons le côté festif de nos amis philippins … 
Nous foulons la terre battue en essayant d’éviter les chats, les déchets, les pierres du sol non nivelé, et les cadavres de bouteilles …

Ariel nous invite à nous asseoir à la table adjacente, sur un banc de bois artisanal sur un banc bricolé en bambous, à côté d’une montagne de brols non identifiés, avec vue sur … une chantier ?

Nous accueille alors notre homme de droit.
Le sourire un peu moqueur, il nous serre la pince d’une manière nonchalante, en s’excusant vite fait de l’état de l’endroit dans lequel il nous accueille. «  Mon bureau n’est pas encore fini », nous précise-t-il, en montrant du doigt la bâtisse au fond du jardin : quatre murs de béton à l’étage et contre lesquels pend de manière culottée de la lessive en tout genre : sous-vêtements, shorts, débardeurs … preuves de lavages sans restrictions. 

dans le bureau de l'avocat verreux ...
vue depuis le bureau de notre homme de droit …

L’entretien est mené « fissa fissa » par « maitre perché ». Entre deux goulées d’un liquide jaunâtre non identifié stagnant dans un verre opaque, notre homme de droit nous parle des diverses procédures d’achat de terrains, des « packages corruption » qui existent et glisse après chacune de nos questions un petit soupir qui semble signifier « qu’est-c’que tu t’en fiches vieux con, t’as des tunes non ? … donc on s’arrange … et pour le reste m’enquiquine pas avec tes questions OKÈ ? » Il nous rappelle de temps à autres qu’il a un PHD en droit, alors que les effluves d’alcool éthylique qui se mêlent à une haleine matinale rappelle au zozo, assis à ses côtés, que sa carte de visite on pourra la mettre dans l’étui « si le papier toilettes vient à manquer » … 

Nous sortons de son bureau avec la certitude que, sur les neuf avocats que compte Siquijor, ce n’est peut être pas ce charmant monsieur que l’on contactera. Nous prenons également la résolution de faire un maximum de vérifications par nous mêmes. 

Nous nous acheminons alors vers la maison communale, parler avec l’assessor …

4 réponses sur “Recherche de terrains à Siquijor : première « partie »”

  1. Je devrais peut être passer un concours pour être avocate pas pour être prof…il semblerait qu’il y ait du boulot à Siqijor! 😂
    Courage les loulous, faites vous confiance 😘

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